En plus de partager la même zone géographique du Sahel, les trois états voisins sont, non seulement dirigés par des militaires, mais font face à la même menace des groupes djihadistes. C’est ainsi que le Mali, le Burkina Faso et le Niger décident de mutualiser leurs forces afin de faire face aux défis qu’ils partagent.
Pourquoi le Liptako-Gourma ?
Le Liptako-Gourma « est à cheval entre trois pays, à savoir le Burkina Faso, le Mali et le Niger. Dans sa forme actuelle, je pense qu’il couvre une superficie de trois cent soixante-dix kilomètres carrés, un espace économique qui dispose d’énormes potentialités agropastorales et minières », affirme Ousmane Amirou Dicko, émir du Liptako joint par la BBC.
Il dirige un émirat traditionnel situé au nord-est du Burkina Faso et fondé vers les années 1809-1810.
La région Liptako est depuis quelques années, en proie à l’insécurité du fait de la présence de groupes armés. La région correspond par ailleurs à la zone des trois frontières qui échappe toujours au contrôle des Etats centraux.
« La population étant isolée, bloquée, est essoufflée à cause de la pression de plus en plus forte sur les moyens économiques et de consommation. Les gens ont vu tous leurs moyens se réduire jusqu’à disparaître complètement. Les prix des biens de consommation flambent alors que les denrées deviennent inaccessibles », confie l’émir Dicko.
Quels sont les objectifs de l’Alliance des Etats du Sahel (AES) ?
La charte du Liptako-Gourma qui comporte 17 articles, a pour objectif principal « d’établir une architecture de défense collective et d’assistance. »
Les parties prenantes de l’AES s’engagent par ailleurs à « lutter contre le terrorisme sous toutes ses formes et la criminalité en bande organisée dans l’espace commun de l’Alliance », peut-on lire dans le document consulté par la BBC.
Au-delà de la lutte contre le terrorisme et les bandes armés, les Etats de l’AES s’engagent à assister leurs membres en cas d’attaques extérieures. Une formalisation qui ne dit pas son nom de la décision du Mali et du Burkina Faso de secourir le Niger en cas d’intervention militaire de la CEDEAO.
En effet, l’organisation régionale a affirmé n’exclure aucun moyen pour rétablir le président Bazoum, déchu de ses fonctions et détenu par les militaires au pouvoir.
Selon Mouhamadou Lamine Bara Lo, spécialiste des questions de politique étrangère, défense et sécurité, « la création de cette organisation est la suite logique des soubresauts et de l’activisme qu’on a remarqués dans l’espace du Sahel. »

